À propos

Postdigital est un programme exploratoire de recherche et de réflexion sur la généralisation des technologies numériques et son lien avec nos imaginaires. Il s’est formé au coeur du Département d’Histoire et Théorie des arts (DHTA) de l’Ecole normale supérieure, sous la coordination de Béatrice Joyeux-Prunel, Maître de conférences à l’ENS en histoire de l’art contemporain, et Alexandre Cadain, jeune chercheur et entrepreneur, ancien du DHTA de l’ENS. Organisé en partenariat avec le Pôle numérique des Beaux-Arts, le programme explore les nouvelles directions de notre conception du temps et la résurgence de la fiction à l’ère digitale. Il est est financé par l’ENS (DHTA), par le LAbex TransferS, et par Paris Sciences Lettres Research University (www.univ-psl.fr).

Le projet part de l’impression généralisée d’un progrès constamment accéléré, d’un futur toujours plus proche. Ce *fast forward » gouvernerait autant l’économie que la culture et les manières de vivre – un air du temps que nous voulons étudier avec des scientifiques autant qu’avec des artistes.

Quand les technologies numériques accélèrent le temps, sa chaîne est perturbée: désormais, c’est notre anticipation du futur, – c’est notre imaginaire et nos fictions qui dessinent le présent. Les artistes paraissent sensibles à ces transformations latentes. Certains réclament une réévaluation totale de l’idée de progrès – le pragmatisme écologique la modère quand l’accélérationnisme fait brusquement resurgir d’anciennes pratiques d’avant-garde comme le futurisme.

La question des intelligences artificielles sera centrale cette année, qu’il s’agisse de l’étude de ses soubassements technologiques, de ses potentialités économiques et sociales, ou de son interaction, voire de sa concurrence avec l’imaginaire.

Deux fois par mois le lundi après-midi, nous invitons chercheurs et artistes à dialoguer sur la construction collective du futur au présent, sur les nouveaux rapports au temps, à l’image, au sujet, à l’objet, au travail et au loisir, à la culture et à la transmission, au corps, à la vie, à la liberté ou à l’aliénation… Nous organisons aussi des ateliers qui familiarisent leurs participants avec des pratiques numériques très concrètes. L’enjeu est de mieux comprendre ce qui se passe dans les questions numériques, du technique au cognitif. Le programme promeut et soutient plusieurs projets de recherche-création qui explorent notre relation au numérique. Tous ces travaux et récits peuvent-ils anticiper ou révéler des futurs imprévus – présents alternatifs -, qui appartiendraient déjà à un futur antérieur que nous aurions oublié d’imaginer ? Comment ces archéologues du futur construisent-ils le présent que nos descendants assimileront à notre propre idée du temps ? Quel est le sens de cette vision et de ses cécités ? Comment se construit la performativité de leurs travaux ?

Pour soulever ces questions, nous comptons sur l’excellence universitaire de l’Ecole normale supérieure et du réseau PSL qui réunit des experts de nombreux champs d’étude – de la philosophie à l’esthétique, des cultures visuelles, l’art, l’histoire et la sociologie, les sciences cognitives, l’économie et les mathématiques, etc.

Les séances sont d’entrée libre, dans la limite des places disponibles. Mieux vaut arriver à l’avance pour avoir une place. 

Organisation : Béatrice Joyeux-Prunel (ENS Paris) et Alexandre Cadain (ENS/Postdigital).

Avec Vincent Rioux (Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris), Chloé Galibert-Laîné (ENS/Sacre) et Guillaume Grandjean (ENS, InGame).