05/12/2016 – Arnauld Pierre : Mariées mécaniques et filles nées sans mère. Des femmes et des robots dans l’imaginaire des avant-gardes

ENS, Salle Dussane, de 14 à 17h

L’imaginaire de l’homme-machine, remis au goût du jour par l’idéologie transhumaniste, dissimule sous la neutralité du genre l’autre moitié de la question : la femme-machine. Celle-ci n’a que rarement été abordée comme telle, c’est-à-dire comme expression spécifique d’une fantasmatique masculine impliquant désir de contrôle sur la procréation et sur la généalogie humaine. Le thème a pourtant engendré de nombreuses représentations, œuvres et images, tant dans l’art que dans l’illustration populaire et le cinéma, que cette séance se propose d’aborder.

Arnauld Pierre est professeur en histoire de l’art contemporain à l’Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) et appartient depuis 2006 à l’équipe de recherche sur l’art du XXe siècle du Centre André Chastel. Son domaine de recherche englobe les sources et l’imaginaire de la modernité considérée dans le champ élargi de la culture scientifique et visuelle, des utopies du langage et des politiques de la perception. Ces thématiques sont ancrées dans trois moments historiques privilégiés : l’ère des avant-gardes et le passage à l’abstraction, l’après-guerre et l’art optico-cinétique, l’époque contemporaine, les néo-avantgardes et les tendances archéomodernistes. Il a publié sur ces sujets de nombreux textes et ouvrages, dont Frank Kupka in White & Black (Artists Bookworks / Liverpool University Press, 1998), Francis Picabia, la peinture sans aura (Gallimard, 2002), Calder. Mouvement et réalité (Hazan, 2009) et Maternités cosmiques. La recherche des origines, de Kupka à Kubrick (Hazan, 2010). Il a également organisé les expositions « L’Œil moteur » (Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg, 2005), « Cosmos. En busca de los orígenes » (TEA, Santa Cruz de Tenerife, 2008) et « Disques et sémaphores. Le langage du signal chez Léger et ses contemporains » (Musée national Fernand Léger, Biot, 2010). Auteur d’une monographie sur l’artiste conceptuelle Tania Mouraud (Flammarion, 2004), il co-dirige depuis 2007 une revue annuelle de textes critiques sur l’art contemporain, 20 / 27 (éditions M19). Il est par ailleurs membre du comité de rédaction des Cahiers du Musée national d’art moderne, du Comité Picabia et de l’AICA (Association Internationale des Critiques d’Art).